vendredi 27 février 2026

Petit billare - sans foi ni toi

Magnifique ! Cette goulotte, en grande partie dissimulée par le couloir nord-ouest, est splendide. Parcourir cinq longueurs et demie en glace, ou en neige « couic » comme nous l’avons trouvée, au milieu d'une grande face comme le billare, est une expérience rare, et j’y ai pris un immense plaisir. Cerise sur le gâteau : le mixte de la dernière longueur est superbe, avec des passages où nous avons pu ancrer les piolets dans une fissure verglacée.

Parmi les trois voies ouvertes cette semaine (j’ai présenté les deux autres dans le post précédent), c’est sans hésitation ma préférée. De toutes celles que j’ai grimpées au Billare en hiver — et je les ai presque toutes parcourues, même le couloir Est qui n’est désormais que très rarement en conditions — c’est celle qui m’a procurée le plus de plaisir.

Attention toutefois : le soleil atteint assez tôt les parois au-dessus de la goulotte. Mieux vaut partir tôt afin d’éviter les éventuelles chutes de pierres liées au dégel.

Malheureusement, j’ai dû réaliser le topo à partir d’une photo de l’année dernière, lorsque la voie n’était pas en conditions, car la ligne n’est pas visible depuis le bas.

Avec les fortes chaleurs de cette semaine dans la vallée, je crains que peu de voies restent encore en bonnes conditions pour être grimpées, même en face nord du Billare.


Les rappels (possibilité de sauter le rappel sur l'arbre avec 60m)


L1 


L2 en fin de longueur


L3



L4 et L5


Début de L6



jeudi 26 février 2026

Grand Billare - voie Neptune et Petit Billare - voie le haricot magique

Le beau temps est enfin là, avec des conditions idéales pour l’alpinisme… même si elles se dégradent malheureusement à toute vitesse. En l’espace de quelques jours,  nous avons ouvert trois nouvelles voies dans la face nord du Billare. Étonnamment, cette face reste assez méconnue. Pourtant, à mes yeux — à l’exception notable de la face nord du Pic du Midi d'Ossau — c’est peut-être la plus intéressante des Pyrénées-Atlantiques pour l’alpinisme.

Les itinéraires y sont longs (jusqu’à 800 m de corde pour la dernière ouverture, plusieurs atteignant 600 m), et les voies du Grand Billare restent plus longtemps en conditions qu’ailleurs en vallée d’Aspe grâce à des températures plus froides dans la face. Un peu comme à Peña Telera, le rocher n’est pas toujours merveilleux en été, mais lorsque le gel vient souder les blocs, il transforme alors la face en un superbe terrain de jeu hivernal. En revanche, l’engagement est bien réel : une fois engagé dans la paroi, l’issue passe le plus souvent par le sommet pour pouvoir redescendre.

Grâce au travail d’Arthur — qui a participé à l'ouverture de deux des trois voies et en a rédigé les topos (merci à lui !) — je publie ici les deux premières.

Neptune : avec Renaud et Arthur, tout juste revenus d’une semaine dans les Alpes. Une très belle ligne, assez soutenue, sur des plaquages bien solides ce jour-là. Un seul reproche, l'approche est assez longue.

Le Haricot magique : avec Arthur, qui a découvert l’alpinisme il y a à peine un mois et apprend à  vitesse grand V (on ne va pas tarder à le laisser passer devant quand ça sera trop dur pour nous! ). Une voie très longue — 800 m de corde, probablement la plus longue en conditions hivernales — mais globalement assez facile. Les 550 premiers mètres sont des pentes de neige, puis 4 longueurs grimpent un peu (mais pas trop non plus) et on arrive au sommet  assez vite. A noter que le début de la voie est commun avec une vieille voie d'été : on n'y a laissé aucun matériel en place;

Il me reste encore une dernière voie à diffuser— sans doute la plus belle du lot. En revanche, le topo risque d’être assez médiocre : d’une part parce que c’est moi qui m’y colle, et d’autre part parce que je ne dispose pas de bonnes photos de l’itinéraire. Le couloir qu’elle suit est assez dissimulé, ce qui ne facilite pas les choses.

Quoi qu’il en soit, on aura en tout cas pleinement profité d’un bon créneau avant de partir avec Renaud grimper en Écosse la semaine prochaine.

 Les beaux topos de Neptune au grand billare et du haricot magique au petit billare dessinés par Arthur




Les rappels pour descendre du petit billare


Photos voie Neptune   - grand billare

Début de voie (montage fait par Arthur)


L2(montage fait par Arthur)


L4


L5 (on passe dans une boite aux lettres)



Dernière longueur



Photos voie le haricot magique - petit billare

Début de voie  (montage fait par Arthur)



 La suite de la pente de neige(montage fait par Arthur)


Arthur dans L2, juste avant le passage le plus difficile de la voie


L3


L5, dernière longueur de grimpe avant la pente de neige qui mène au sommet




vendredi 6 février 2026

Bricolage

Les perturbations s’enchaînent depuis plus d’un mois et, dès que la neige cesse de tomber, le fort vent de sud prend le relais. La période se partage donc entre ski — le plus souvent en forêt à cause du risque d’avalanches lors des épisodes neigeux — et grimpe en falaise, à l’abri du vent de sud, le reste du temps.

Malgré de nombreuses tentatives et échecs en alpinisme, nous avons tout de même réussi à ouvrir trois petites voies, non loin de la maison et relativement à l’abri des avalanches. Ces lignes courtes nous ont au moins permis de ressortir les piolets, en attendant des jours meilleurs et surtout un hypothétique anticyclone qui, pour l’instant, semble ne jamais vouloir s’installer.


1, 


Face nord de la Bernera  - l'incrédule

L1, une cheminée étonnante avec de la neige dure au fond


L2, suite de la cheminée, puis sortie à droite


L3



Billare - l'iroquois et punk à chien


L'iroquois

L1


L2


Punk à chien
L3


vendredi 19 décembre 2025

un peu de tout

 De retour de Jordanie et après un peu de ski, la saison étant normalement propice à l’alpinisme, nous avons voulu en profiter. Côté français, dans la vallée d’Aspe, les conditions étaient très sèches et nous avons dû marcher longtemps — beaucoup trop — pour ouvrir une jolie mais très courte goulotte entre le vallon d’Anaye et le lac de Lhurs (surtout au regard des trois heures d’approche nécessaires).

Mercredi dernier, nous sommes donc allés voir les conditions côté espagnol, au-dessus de Formigal, où nous nous sommes fait une belle frayeur en déclenchant une très grosse plaque à vent sur le haut de la face, sans dommage heureusement.

À ce jour, pour ma part, le mieux est de revenir à l’escalade sur le rocher : à Riglos, as usual, et en falaise près de la maison.

Riglos, toujours une valeur sure (photo prise par Arthur dans l'espelon picapiedres, jolie voie qui a demandé beaucoup d'abnégation à l'ouvreur lors de l'ouverture en solo)


Vallée d'aspe - Pics de pène blanque- vers l'infini et au delà


une jolie première longueur (photo prise par Arthur)

Escalade sous la pluie à coté de la maison (photo prise par Arthur)



lundi 8 décembre 2025

wadi Rum - Jebel Rum pilier ouest /sandworm - Rakaba Abu Aîna /facteur o - ishrin / first climb in Rum

Pour conclure cette série d’articles sur le Wadi Rum, je présente ici les trois voies que nous avons ouvertes autour de Rum :

• Sandworm
Une ligne évidente qui suit le pilier ouest, bien visible au départ de la traversée du Jebel Rum. Il s’agit de la dernière voie que nous avons ouverte avant notre départ, en compagnie de Roger, solide grimpeur catalan installé à Madrid et expert des offwidths de La Pedriza. C’est aussi la voie la plus difficile de notre séjour. Elle s’adresse aux spécialistes des fissures larges et de l’offwidth : coincements larges en tout genre (poings-mains, chicken wings…). Pour éviter d’avoir à tirer comme moi sur les friends n°5 et 6, mieux vaut être à l’aise dans ce style ! Les trois premières longueurs sont très belles ; la suite devient un peu plus sableuse.

• Facteur 0
Initialement partis sur un autre projet avec Renaud, la pluie du matin nous a pour une fois fait renoncer. Après quelques cafés à attendre le retour du soleil, nous sommes partis à pied, sans grande ambition, dans le vallon de Rakabat Abu Aîna — où Christian Ravier nous avait suggéré qu’il restait sûrement des itinéraires à ouvrir. Sous un soleil redevenu écrasant, nous avons repéré un dièdre évident en face nord. Arrivés au pied, il est encombré de blocs, mais le pilier juste à gauche semble superbe, avec un rocher noir parfait. Nous nous y engageons : toutes les longueurs sont très belles, malgré de grandes vires qui cassent un peu la continuité. Une voie courte, modeste, mais agréable.

• First climb in Rum
Comme son nom l’indique, c’est la première voie que nous avons ouverte à notre arrivée, après une balade vers The Beauty en compagnie de Christian. Il nous avait indiqué qu’à sa connaissance, aucun itinéraire n’existait sur ce pilier. Nous avons finalement découvert deux voies déjà présentes (une américaine à gauche et une autre plus à droite), mais nous avons tout de même réussi à tracer un itinéraire indépendant jusqu’au sommet.


Les topos





Les photos de "sandworm" au pilier ouest du Jebel Rum



L1, superbe et pas trop dure



L2, pas facile déjà



L3, superbe également


L4



Photos de "facteur 0" à Rakaba Abu Aïna

L1

L2


L3, miam

L4







Photos de "first climb in Rum" sur le secteur de l'Ishrin

L1

L2

L3, traversée à droite

Vers le haut de la voie

fin de voie