jeudi 29 septembre 2016

Antécime du Dec de Lhurs - "la réintroduction de Lhurs"

Hier, profitant du retour de l'été, nous sommes repartis au Dec de Lhurs avec Fabrice (on en termine avec les lignes de fissure de la zone). Etonnamment, alors qu'il avait décidé de ne plus ouvrir, c'est lui qui m'avait proposé cette ligne. J'avoue avoir été moyennement convaincu au départ(j'étais déjà passé au pied sans que la ligne me saute aux yeux et on soupçonnait qu'il y avait une vieille voie existante sur une fissure évidente plus à droite, ce qui se sera avéré vrai), mais me proposer une ouverture, c'est un peu comme proposer de l'alcool à un alcoolique : la motivation est donc très vite montée en flèche.

La voie est sympa, bien qu'elle soit bien plus dure que les autres ouvertures du secteur à cause d'une longueur en dièdre bien technique. Elle sera donc forcément moins parcourue que ses voisines.

Les 3 premiers relais comportent 1 spit(à compléter avec un friend) et les 3 derniers, 2 spits (l'avant dernier et le dernier sont communs aux autres voies). Il y a 3 spits de progression dans L4, rien ailleurs. Il faut 1 jeu de micro et de friends en doublant quelques tailles (le n°4 est inutile).

Le nom, quant à lui, est un clin d'œil à LA question qui agite la vallée ces temps-ci : Faut-il, oui ou non, y réintroduire 2 ours slovènes?

le topo

L1, facile

Ma pomme dans la jolie dalle de L2 (photos de Fabrice)

Fabrice dans L3

A nouveau ma pomme dans le dièdre de L4 (photos de Fabrice)

lundi 19 septembre 2016

Pena de sin - Caçadors d'estels

Hier, nous sommes repartis à la pena de Sin avec Jean Michel. Les températures ont bien baissé en une semaine et nous avons pu grimper coté soleil sans avoir trop chaud.

Nous sommes allés dans la voie peut être la plus grimpée de la pena, Caçadors d'estels, qui est en effet vraiment très jolie, toujours à la recherche du plus beau caillou (sauf L1, L3 et L4 qui sont un peu licheneuses).

Une fois passé L3, la voie est globalement assez peu engagée car il y a pas mal de matériel à demeure qui permet de ne pas trop se poser de questions (d'ailleurs, passé L2, un jeu de micro et de friends suffit amplement pour la suite. Le camalot 3 semble aussi très optionnel). Le cheminement est aussi très bien trouvé.

Dans L2, elle emprunte le très beau dièdre de la voie Venganza et j'ai été impressionné du peu de matériel qu'il y avait en place dans cette longueur qui a été ouverte en solo par Josema Jarrin : je ne le connais pas mais bravo à lui!

Finalement, le seul point un peu négatif de la voie est la descente en rappel qui est bien chiante (je conseille, si vous avez le courage de porter les chaussures, de sortir à pied par le haut). Après avoir pas mal trainé mes chaussons à la pena de sin, je pense que même si ça passe en général, la paroi n'est pas réellement adaptée à la descente en rappel : les voies zigzaguent souvent et il y a pas mal de zones surplombantes à franchir...

En tout cas, une bonne journée sur cette belle classique de la paroi

la voie emprunte le très beau dièdre de la voie venganza pour commencer

L3

L5, le caillou devient très beau

Une belle longueur sur colonnette

Jean Mi fait le con à la sortie de L7,assez technique et soutenue

L8

Avant dernière longueur

Fin de voie

mercredi 14 septembre 2016

Paroi de plandescun (pena de sin) - Friolina

Ce week end, on est parti à la paroi de plandescun en face de la pena de sin avec Jean Michel pour éviter la chaleur.

Comme il me le souligne souvent, ça ne me dérange pas de faire des kilomètres en général, et encore moins pour aller dans cette zone que j'affectionne particulièrement. J'avais donc repéré et un tout petit peu commencé la ligne peu de temps auparavant et je l'ai appelé à la rescousse pour essayer de la finir rapidement. ca aura bien fonctionné puisqu'on l'aura ouverte à la journée.

Je trouve la voie finalement assez sympa (même si je dois bien reconnaître que Jean Michel est moins enthousiaste que moi) car, même si la voie est facile, il y a souvent des beaux passages de grimpe et on a pratiquement toujours réussi à éviter l'herbe qui est présente dans la zone.

Il faut par contre un minimum de marge par rapport aux cotations de la voie, car il n'y a finalement pas tant de points en place que ça et, dans L4 et un peu L5, il faut un tout petit peu tester le rocher, même si on a purgé au maximum.

Pour accéder à la voie, suivre la sente de la voie "vendedor de quimeras" et traverser au mieux à flanc. Prévoir un jeu de microfriends et un jeu de friends jusqu'au 4.

Le topo de Jean Michel, sur lequel il a mis le logo Elf en référence aux kilomètres que je fais souvent pour venir dans la zone...

L2

L3

L4

L6

jeudi 8 septembre 2016

Antécime du Dec de Lhurs - "Sans dec'!"

Hier, pour fuir la chaleur, nous sommes partis avec René au Dec de Lhurs grimper une autre ligne de fissures que j'avais repéré sur une autre antécime de ce beau sommet. L'endroit est idéal en cas de chaleur car le soleil quitte la face dès 10h.

On se sera encore bien régalés car le caillou y est encore vraiment très bon et on a trouvé de belles fissures à grimper (sauf dans L2, la seule longueur pas trop jolie car la fissure qu'on visait était pleine d'herbe et j'ai du prendre un passage en couloir cheminée sur la gauche). Les relais sont tous sur 2 spits et il y a 2 spits de progression dans la voie (1 dans le pas de 6a+ en fissure large et 1 au début de L4 pour indiquer le cheminement). A noter que la dernière longueur avait déjà été ouverte en passant par la goulotte plus à droite, très certainement en hiver. Je ne connaissais pas cette goulotte qui a l'air bien jolie (on est descendu en rappel dedans et on y a trouvé du matériel) : j'irai y faire un tour cet hiver si les conditions le permettent.

Pour terminer en beauté cette belle journée, on a bu un coup à Lescun avec François Carrafanc, une des légendes de la grimpe de la vallée, que je ne connaissais pas (je me rappelle avoir été extrêmement impressionné, plus jeune, par la vue de photos de lui en solo intégral dans le spigolo à Ansabère. J'en ai posté une trouvé sur internet et rien que de la revoir me fait quelque chose) : une rencontre super sympathique avec un mythe qui respire vraiment la modestie (il réalise également des aquarelles superbes).

Comme toujours, les 3 photos que j'ai faites sont bien pourries mais les 10 lecteurs de ce blog ont l'habitude, maintenant.


Le topo


L1

L3

L4, la plus belle longueur

Pour terminer, une photo, trouvé sur internet, de François Carrafanc en solo intégral dans le spigolo à Ansabère

mercredi 31 août 2016

Dec de Lhurs - la Camou

Après de bonnes vacances en famille, il est temps de reprendre le chemin des falaises. Je ne trouve personne pour grimper ce mercredi et je me décide donc pour aller ouvrir seul une voie facile que j'avais repéré au Dec de Lhurs ce printemps (quoi de mieux pour se remettre dans le bain). Je suis en train de préparer mes affaires lorsque Louis appelle : il est finalement disponible et il est d'accord pour m'accompagner.

On est donc reparti ouvrir une deuxième voie sur cette antécime après la voie "anapia" qui a été parcourue plusieurs fois cet été. Cette deuxième voie s'avèrera aussi bien sympa avec souvent du très bon caillou (sauf un peu dans L3 qui demande d'être un tout petit peu plus vigilant) et des cotations finalement assez proches de sa voisine. Les relais comportent tous 1 spit à compléter avec un friend sauf R3 qui est sur un arbre. Il y a un seul spit de progression dans L5, pour indiquer le cheminement et éviter une zone herbeuse.

On a décidé de dédier cette voie à René, un mec adorable de la vallée, grimpeur à ses heures, mais surtout grand chasseur devant l'éternel. il avait profité d'un comptage d'isards en hélico (et oui, maintenant les comptages de gibier se font par hélicoptère...) pour faire une reconnaissance plus fine de la ligne par la voie des airs...

Les photos sont encore plus pourries que d'habitude, donc on voit rien du tout...

Le topo

L1

L2

La brume arrive déjà

L3, la longueur la moins jolie

Vue sur la suite

Louis arrive à la fin de L5

Vue sur le début de L6, la plus belle longueur

Pas de photos de la suite car on était dans le brouillard

jeudi 18 août 2016

la tour - sida vertical et la picarde - La tentation du schiste

Samedi, je m'incruste avec Damien et Louis. Ils proposent d'aller grimper sida vertical à la Tour. Ca tombe bien, je n'ai jamais grimpé cette pourtant grande classique (il est vrai qu'avant le rééquipement, il y avait moins de candidats). Le matin, Louis est malade. Je pars donc avec Damien avec qui je passerai une bien belle journée. La voie est super (et la compagnie encore plus). Attention tout de même, elle m'a semblé assez technique pour la cotation annoncée (je m'attendais à un peu plus facile). Un grand merci donc à Jean et Jean Michel pour le rééquipement qui a donné une nouvelle jeunesse à cette voie.

Dimanche, changement de décor : je pars avec Jean Mi terminer une ouverture commencée il y a bien longtemps. Je me rappelle être descendu de cette falaise, il y a quelques années en disant à Jean Michel qui l'avait repérée (et qui se demandait pourquoi il n'y avait pas de voie dans une telle face...) que je n'y remettrai jamais les pieds! c'est d'ailleurs l'unique fois (et ça le restera peut être) où j'ai refusé de partir en tête pour ouvrir une longueur. Depuis Jean Mi me reparlait régulièrement de cette falaise : au début, je croyais qu'il plaisantait mais son insistance commençait à me sembler suspecte au fil du temps. Et puis, au printemps dernier, il a enfin trouvé l'argument massue pour me convaincre d'y retourner. Il m'annonce qu'il ne réalisera plus aucune ouverture tant que cette voie ne sera pas terminée. Comme j'avais commencée à oublier le rocher parfois délicat et l'herbe raide, je me dis alors que le plus tôt serait le mieux (comme ça on ne m'en parlerait plus). Le D-day était donc ce dimanche et j'avoue avoir été surpris : il y a même quelques sections de la voie en très bon rocher. Que les amoureux du rocher de l'Oisans et de la chartreuse se rassurent : il reste encore de belles sections avec des vraies prises tiroirs qui restent dans les mains, ainsi que des bons rétablissements dans l'herbe. Comme tous les gouts sont dans la nature, on a enfin trouvé une voie pour les gens qui aiment ce genre de sensation (ma came à moi, c'est plutôt le beau caillou espagnol). Vous l'avez compris, malgré les cotations à priori gentilles, cette voie demande réellement un bonne expérience du terrain montagne et n'est pas à mettre entre toutes les mains, même si je dois avouer que je me suis parfois amusé à ouvrir certaines longueurs. Nul doute qu'elle connaitra une répétition dans 50 ans ou plus....


Face nord de la tour -sida

Le bas, assez technique

Damien en action

Le maître des lieux

La picarde

Le topo

L'accès vers le pic du midi de Bigorre

Grimper sous la benne et au pied du Gr10 : voilà l'endroit rêvé pour ceux qui veulent un moment de gloire...

Jean Mi regrimpe L1 et, sur mon insistance, rajoute un point d'entrée

L3, du caillou dans le plus pur style de l'Oisans ou de la chartreuse...

L4, un joli dièdre pour finir (mais bien de l'herbe en dessous)

L5 : malgré les apparences, la plus belle (la seule?) longueur de la voie

Fin de voie

Sur l'autre versant, c'est tout vert (par contre, on voit bien le Gr10 par où on est monté)

lundi 8 août 2016

Pena de sin - face nord - une ouverture pas terminée à cause d'une batterie déficiente

Ce week end, nous sommes partis ouvrir avec Emile une voie en face nord de la Pena de sin. Une belle aventure sur un mur qui, je crois, est un encore un peu plus haut que la désormais classique paroi sud (à l'endroit où on est qui est la zone la plus haute). Si grimper en face sud de la Pena de sin est souvent difficile, c'est encore bien plus technique en face nord. Le rocher est souvent assez lisse et les quelques prises présentes sont rondes. Une pose des pieds précise est nécessaire et on est vraiment obligé de prendre son temps pour grimper...Heureusement, la paroi est légèrement moins verticale qu'en face.

En ce qui concerne l'ouverture, on a mis des friends lorsqu'on a pu (mais ça s'y prête pas non plus trop souvent et on était heureux quand on tombait sur une fissure propre et pas bouchée) et je n'ai jamais réussi à me poser sur un crochet pour poser un spit lorsque j'en avais besoin (percer avec un vieux plat dans une main et le perfo dans l'autre est bien plus dur).

En tout cas, un grand bravo à Emile qui pousse l'éthique jusqu'à serrer les goujons qu'il vient de poser sans se vacher aux points (éthique que je n'ai pas eu). Je dois avouer qu'il m'a vraiment impressionné ce week end car je n'aurai pas été capable d'ouvrir la 5ième longueur, par exemple (longueur la plus obligatoire et aussi, je pense, la plus engagée même si les chutes potentielles sont toutes propres), aussi proprement qu'il l'a fait. Il a en plus tout enchainé sauf un court passage dans L7 (que je n'ai pas pu essayer parce qu'il faisait nuit). Heureusement, le sort a été clément avec moi puisque je suis souvent tombé sur les passages les plus faciles.

Un petit conseil à ce sujet, pour les éventuels futurs répétiteurs lorsqu'on aura terminé la voie : si vous vous sentez un peu juste, choisissez de grimper en tête les longueurs paires. C'est celles que j'ai ouvertes et les sections obligatoires sont souvent bien moins élevées que dans les longueurs impaires. Le caillou, quant à lui, est souvent très joli sauf dans L1 et le début de L7 où il est moussu, ce qui rend ces passages peu agréables. Sinon, on a souvent réussi à éviter l'herbe présente sur cette paroi, sauf sur les vires évidemment.

On a fait un très beau bivouac dans une belle grotte vers le haut (à R8) où on est arrivé très tard (on a du ouvrir une longueur et demi de nuit), même si on était pas si rassuré que ça parce qu'il y avait 2 gros vautours fauves qui dormaient pas du tout loin de nous (je pense qu'ils étaient encore moins rassurés que nous et se sont envolés en fait assez vite après le lever du soleil).

On a pas pu terminer la voie alors qu'on en avait le temps matériel (ce qui nous fait encore plus râler...) parce qu'une des batteries de mon perfo nous a lâché très vite. Il faudra revenir...


Ce qu'on a fait

L1, départ un peu sale

L2, de jolies dalles même si la photo ne rend pas

L3, très jolie

L5, la longueur la plus obligatoire. Emile, toujours en libre

L6, un très joli mur peu prisu, puis ça devient plus herbeux juste avant le relais. Emile enchaine alors que je me suis allègrement vaché aux points...

La nuit nous rattrape dans L7. Ci- dessous une photo de la belle traversée de L8 dans un beau mur orangé, que j'ai ouverte à la frontale (photo prise le lendemain depuis R8)

1h00 du matin, ça y est on est les 2 dans la grotte ( si vous regardez bien, vous pouvez voir dans un des sacs de hissage une stat qu'on a hissé pour rien...)

La belle vue sur la pena de sin le matin depuis la grotte; une vue qui se mérite...

Dernière longueur le lendemain, avant que la batterie du perfo ne nous arrête

La vue depuis R9 : on a pris de l'altitude depuis hier