mardi 4 juin 2019

Verdon for ever - voies "le vent souffle où il veut"/ "ca crève les yeux" / "les fils de l'haltère et du pan" / "une pincée de ketchup"

Je suis de retour de ma virée annuelle dans le verdon avec Philippe. Je discutais l'autre jour avec David qui me disais qu'il préférait la pena montanesa au Verdon. Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec lui : de part la variété de l'escalade (toutes les voies ne sont pas du style de l'escales, en rocher magnifique mais douloureux pour les pieds et les doigts; il y a aussi des voies en dévers qui déroulent, de la dalle,...) et la quantité des voies majeures sur toutes les orientations (suivant les températures et la période de l'année on peut grimper à l'ombre ou au soleil), je ne connais pas d'équivalent au Verdon en Europe. je me suis amusé à calculer l'autre jour : depuis plus de 20 ans, je pense avoir grimpé au moins une cinquantaine de voies dans les gorges et je suis encore très très loin d'avoir parcouru toutes les classiques. Il est certain que je ne pourrai parcourir toutes celles que j'ai encore envie de grimper.

Cette fois, le premier jour, on est parti grimper "le vent souffle où il veut" à coté de la voie "Kallistée"( la 1ere longueur est d'ailleurs commune aux 2 voies). Bien que moins classique que cette dernière, La plupart des gens qui la parcoure la trouve plus belle. Pour moi, ça se vaut : j'ai trouvé super les 2. Le bas déroule dans du rocher déversant (on est à coté de la paroi rouge) et le haut est plus classique sur un rocher plus semblable à l'Escalès. Il y a une longueur que j'ai trouvé majeure (le 1er 7b). Une section de 10m en A0 et le dernier 6a+ enlèvent le 5 étoiles à la voie. Les cotes sont globalement gentilles (sauf le 1er 7b).

Le lendemain, on est parti grimper une toute nouvelle voie de cet hiver qu'on nous avait présenté comme étant dans le top 5 du verdon : "ca crève les yeux". Malgré quelques très belles longueurs sur le haut, on sera sorti assez déçu. Le bas de la voie ne vaut pas le coup à part la 2ième longueur et le haut est trop près des voies existantes, de Ula notamment.Elle emprunte aussi une vielle voie avec des spits entre les vieux pitons. La voie de trop dans le secteur pour nous. Attention, malgré des cotes abordables sur le topo, celles-ci sont très serrées et la cote obligatoire annoncée en 6c+ n'est vraiment pas volée. On aura passé un certain temps dans la voie.

Le soir, on passera pas mal d'heures à picoler au bar. Autant dire que, rajouté à la fatigue de la voie de la veille, on est vraiment pas frais le lendemain au réveil. On décide de partir vers une classique facile qu’étonnamment aucun de nous 2 n'a fait : les fils de l'haltère et du pan. La voie s’avérera superbe et déroulera tranquillement, dans une escalade assez moderne dans du devers.

Le dernier jour, j'ai la route pour rentrer : on décide de s'avancer à l'entrée des gorges, au niveau du lac de Moutiers, pour grimper la voie "une pincée de ketchup" à la matinée : la voie s’avérera très jolie. Les cotes sont très gentilles et la voie très équipée et permet de grimper à la demi-journée sans se poser de question.

Un long retour m'attendra à cause des bouchons incroyables de cette fin de week-end de l'ascension (je n'avais jamais vu ça en retournant des alpes).


Le vent souffle où il veut

Ca crève les yeux

Les fils de l'haltère et du pan


Une pincée de ketchup

lundi 20 mai 2019

Anies - "Gatito" et "Cachorro"

Après avoir terminé une voie à Sin (que je diffuserai quand Jean Michel se sera décidé à faire le topo), un week-end pluvieux s'annonce.

Je motive donc Mathieu pour repartir à Anies où le temps est annoncé sec. J'avais en effet déjà grimpé avec lui la voie Cachorro, ouverte quelque temps avant et il avait beaucoup aimé, sauf que la voie était un peu courte. Je m'étais alors décidé à ouvrir une autre voie sur l'autre section grise, juste à gauche afin de pouvoir grimper les 2 voies tranquillement à la journée. C'est ce que nous avons fait (même nous n'avions pas anticipé qu'il allait faire assez froid et qu'il y aurait peu de soleil, ce qui fait qu'on s'est un peu caillé).

Mathieu à réussi à enchaîner l'ensemble des 2 voies (même s'il a du faire une montée de calage dans le premier 7b+). Globalement, Gatito est un peu plus conti et Cachorro un peu plus bloc (à savoir que Gatito est un peu plus soutenue mais avec des pas moins durs que Cachorro). Le caillou est un calcaire très sculpté, globalement de très bonne qualité et étonnamment farci de trous. Des voies "plaisir" à grimper pour des bons grimpeurs, avec un niveau obligatoire assez peu élevé (6a ou 6b, je pense). La descente, très rapide en passant par le chemin de l'ermitage apporte également un plus à la journée.

Comme le temps était très gris et que je ne suis pas très bon pour faire des photos, évidemment aucune ne rend bien...

Les topos
"Gatito"

L1

L2

L3

L4

"Cachorro"

L1

L2

L3


L4

L5

L'ermitage à la descente

lundi 29 avril 2019

Alpes - grande cornouse/ c'est encore nouze - rocher de Leschaux / Libellules et papillons -ombleze / Saunatorium

On repart donc avec l'idée d'aller grimper des belles grandes voies au soleil et en t-shirt dans les alpes. Philippe, qui doit sortir un deuxième tome de son bouquin "itinéraire d'un grimpeur gâté", a repéré quelques jolies voies qu'il a envie de grimper.

Le 1er jour, nous partons grimper face à la classique falaise de Presles sur la falaise de grande Cornouse : nous grimpons une classique superbe, "c'est encore nouze", très jolie et homogène.

Le lendemain, une dépression située sur la méditerranée, nous pousse à aller grimper vers la haute savoie. On choisit une vieille classique réequipée, "Libellules et papillons", facile sur le papier mais attention, on est dans la "yote", comme disent les alpins : les cotes sont assez serrées et la pose des pieds n'est pas une option. Belle voie, dont l'ambiance est néanmoins coupée par la présence de nombreuses vires.

Le lendemain, on choisit de croiser la dépression qui remonte en allant au sud du vercors, à Ombleze, ce qui me permettra de me rapprocher pour le retour. On part tard de chez Philippe après un repas un peu arrosé la veille. On a le temps d'aller grimper une jolie petite voie facile, "jojo le bricoleur" avant de repartir au restau :) (pas de photos). Le lendemain, on repart sur une très belle voie, pas si facile à vue qui zigzague pour pouvoir passer en libre, dans une partie de falaise assez lisse.

Une bien belle fin de semaine avant de rentrer au pays basque...


Grande Cornouse - C'est encore nouze

Rocher de Leschaux - Libellules et papillons

Ombleze- Saunatorium

dimanche 28 avril 2019

Alpes - une ouverture remise à plus tard...

Au départ avec philippe, nous avions prévu de prendre un billet d'avion pour aller ouvrir une grande voie dans un pays chaud, comme nous le faisons depuis quelques années, mais nous avons eu des problèmes pour trouver des billets d'avion à des dates concordantes. Qu'à cela ne tienne, Philippe me propose un joli projet avec l'ouverture d'une voie équipée dans la face sud de roche colombe, près de Briançon (avec accès et retour en ski). On se rendra assez vite compte que le projet était un peu trop ambitieux pour la saison et, après 3 jours à se cailler, on finira par jeter l'éponge non sans avoir pris la neige le dernier jour, pour aller grimper des grandes voies au soleil et en t-shirt. Il faudra revenir...

lundi 15 avril 2019

Le plaisir d'ouvrir...

Je me demande souvent ce qui pousse tous les ouvreurs, dont je fais parti à mon modeste niveau, à passer de longues journées pour aller dénicher un itinéraire. Il faut parfois passer de très longues heures pour ouvrir seulement 3 ou 4 longueurs (parfois même moins...), prendre des risques à grimper entre des blocs posés que le second nettoiera et que la cordée qui répète n'imaginera même pas (s'imaginant que le caillou était nickel à l'ouverture ou reprochant de n'avoir pas enlevé une petite écaille oubliée), patienter de longs moments sur des relais parfois peu confortables lorsqu'on assure son compagnon, se couvrir de poussière en nettoyant des cailloux ou de la terre, couper des arbres (tout ce que je refuserais probablement de faire au travail si on me payait pour ça...), et en plus dépenser pas mal d'argent pour cela en trajet, en spits et divers matériels.

Je n'ai pas la réponse à cela, et il est probable qu'elle soit propre à chaque ouvreur. En ce qui me concerne, je crois qu'il s'agit surtout d'une soif d'aventure, qui me sort de mon quotidien sans avoir besoin de passer 3 mois en Himalaya. La satisfaction d'avoir trouvé un passage dans un mur d'apparence inexpugnable, se soumettre à la critique, parfois féroce sur internet si les répétiteurs (quand il y en a) n’apprécient pas la voie (il est vrai que, comme j'y mets tout mon cœur, j'ai toujours l'impression d'ouvrir une belle voie), ou tout simplement si un spit est mal placé (trop haut pour certains, trop bas pour d'autres...) : Tout cela fait partie de mon quotidien de grimpeur et je crois étonnamment qu'il est même nécessaire à mon équilibre personnel.

Cela fut encore une bien belle journée ce dimanche avec Jean Mi, où je suis descendu fourbu mais heureux (malgré la chute intempestive du perfo à la descente qui m'aura un peu gâché la journée), alors que nous avons passé celle-ci à ouvrir seulement 3 longueurs à Sin (même s'il a aussi fallu regrimper 2 grandes longueurs pour rejoindre le point où nous nous étions arrêtés la dernière fois).


Trouver une fissure vierge dans un mur bien raide, un des graal de tout ouvreur

Le choix de l'itinéraire, privilège de l'ouvreur

Trouver un mur de grès dans une paroi calcaire, une des surprises pour les premiers à passer

vendredi 12 avril 2019

Pena de Anies - "Cachorro"

Mercredi, nous sommes allés grimper une petite nouvelle voie à la Pena de Anies (vers l'ermitage) que j'avais ouvert quelques jours avant. Mathieu a libéré le toit en 7b+ ( bravo à lui car il est assez bloc; il n'a d'ailleurs pas clippé le dernier point car c'est plus facile sans, en libre). La paroi comporte pas mal de trous qui permettent un passage en libre, ce dont je doutais un peu avant d'attaquer, et qui m'ont permis un passage assez aisé sur crochets à l'ouverture. Les passages difficiles sont assez courts et peu obligatoires.

La voie est assez courte et peu aisément se combiner avec les autres voies équipées un peu plus à gauche. En ce qui nous concerne, nous sommes allés grimper sur une des nombreuses nouvelles falaises secrètes pas très loin. Une super découverte en ce qui me concerne, dans du grès rempli de trous. On a quelques projets à enchaîner : on reviendra!


Le topo

Début de voie

Arrivée à L1

L2, de transition

Mathieu libère le toit de L3 : bravo!

Dans le passage en 7a de L4

Début de L5

Après midi couenne non loin là : magnifique!