jeudi 18 août 2016

la tour - sida vertical et la picarde - La tentation du schiste

Samedi, je m'incruste avec Damien et Louis. Ils proposent d'aller grimper sida vertical à la Tour. Ca tombe bien, je n'ai jamais grimpé cette pourtant grande classique (il est vrai qu'avant le rééquipement, il y avait moins de candidats). Le matin, Louis est malade. Je pars donc avec Damien avec qui je passerai une bien belle journée. La voie est super (et la compagnie encore plus). Attention tout de même, elle m'a semblé assez technique pour la cotation annoncée (je m'attendais à un peu plus facile). Un grand merci donc à Jean et Jean Michel pour le rééquipement qui a donné une nouvelle jeunesse à cette voie.

Dimanche, changement de décor : je pars avec Jean Mi terminer une ouverture commencée il y a bien longtemps. Je me rappelle être descendu de cette falaise, il y a quelques années en disant à Jean Michel qui l'avait repérée (et qui se demandait pourquoi il n'y avait pas de voie dans une telle face...) que je n'y remettrai jamais les pieds! c'est d'ailleurs l'unique fois (et ça le restera peut être) où j'ai refusé de partir en tête pour ouvrir une longueur. Depuis Jean Mi me reparlait régulièrement de cette falaise : au début, je croyais qu'il plaisantait mais son insistance commençait à me sembler suspecte au fil du temps. Et puis, au printemps dernier, il a enfin trouvé l'argument massue pour me convaincre d'y retourner. Il m'annonce qu'il ne réalisera plus aucune ouverture tant que cette voie ne sera pas terminée. Comme j'avais commencée à oublier le rocher parfois délicat et l'herbe raide, je me dis alors que le plus tôt serait le mieux (comme ça on ne m'en parlerait plus). Le D-day était donc ce dimanche et j'avoue avoir été surpris : il y a même quelques sections de la voie en très bon rocher. Que les amoureux du rocher de l'Oisans et de la chartreuse se rassurent : il reste encore de belles sections avec des vraies prises tiroirs qui restent dans les mains, ainsi que des bons rétablissements dans l'herbe. Comme tous les gouts sont dans la nature, on a enfin trouvé une voie pour les gens qui aiment ce genre de sensation (ma came à moi, c'est plutôt le beau caillou espagnol). Vous l'avez compris, malgré les cotations à priori gentilles, cette voie demande réellement un bonne expérience du terrain montagne et n'est pas à mettre entre toutes les mains, même si je dois avouer que je me suis parfois amusé à ouvrir certaines longueurs. Nul doute qu'elle connaitra une répétition dans 50 ans ou plus....


Face nord de la tour -sida

Le bas, assez technique

Damien en action

Le maître des lieux

La picarde

Le topo

L'accès vers le pic du midi de Bigorre

Grimper sous la benne et au pied du Gr10 : voilà l'endroit rêvé pour ceux qui veulent un moment de gloire...

Jean Mi regrimpe L1 et, sur mon insistance, rajoute un point d'entrée

L3, du caillou dans le plus pur style de l'Oisans ou de la chartreuse...

L4, un joli dièdre pour finir (mais bien de l'herbe en dessous)

L5 : malgré les apparences, la plus belle (la seule?) longueur de la voie

Fin de voie

Sur l'autre versant, c'est tout vert (par contre, on voit bien le Gr10 par où on est monté)

lundi 8 août 2016

Pena de sin - face nord - une ouverture pas terminée à cause d'une batterie déficiente

Ce week end, nous sommes partis ouvrir avec Emile une voie en face nord de la Pena de sin. Une belle aventure sur un mur qui, je crois, est un encore un peu plus haut que la désormais classique paroi sud (à l'endroit où on est qui est la zone la plus haute). Si grimper en face sud de la Pena de sin est souvent difficile, c'est encore bien plus technique en face nord. Le rocher est souvent assez lisse et les quelques prises présentes sont rondes. Une pose des pieds précise est nécessaire et on est vraiment obligé de prendre son temps pour grimper...Heureusement, la paroi est légèrement moins verticale qu'en face.

En ce qui concerne l'ouverture, on a mis des friends lorsqu'on a pu (mais ça s'y prête pas non plus trop souvent et on était heureux quand on tombait sur une fissure propre et pas bouchée) et je n'ai jamais réussi à me poser sur un crochet pour poser un spit lorsque j'en avais besoin (percer avec un vieux plat dans une main et le perfo dans l'autre est bien plus dur).

En tout cas, un grand bravo à Emile qui pousse l'éthique jusqu'à serrer les goujons qu'il vient de poser sans se vacher aux points (éthique que je n'ai pas eu). Je dois avouer qu'il m'a vraiment impressionné ce week end car je n'aurai pas été capable d'ouvrir la 5ième longueur, par exemple (longueur la plus obligatoire et aussi, je pense, la plus engagée même si les chutes potentielles sont toutes propres), aussi proprement qu'il l'a fait. Il a en plus tout enchainé sauf un court passage dans L7 (que je n'ai pas pu essayer parce qu'il faisait nuit). Heureusement, le sort a été clément avec moi puisque je suis souvent tombé sur les passages les plus faciles.

Un petit conseil à ce sujet, pour les éventuels futurs répétiteurs lorsqu'on aura terminé la voie : si vous vous sentez un peu juste, choisissez de grimper en tête les longueurs paires. C'est celles que j'ai ouvertes et les sections obligatoires sont souvent bien moins élevées que dans les longueurs impaires. Le caillou, quant à lui, est souvent très joli sauf dans L1 et le début de L7 où il est moussu, ce qui rend ces passages peu agréables. Sinon, on a souvent réussi à éviter l'herbe présente sur cette paroi, sauf sur les vires évidemment.

On a fait un très beau bivouac dans une belle grotte vers le haut (à R8) où on est arrivé très tard (on a du ouvrir une longueur et demi de nuit), même si on était pas si rassuré que ça parce qu'il y avait 2 gros vautours fauves qui dormaient pas du tout loin de nous (je pense qu'ils étaient encore moins rassurés que nous et se sont envolés en fait assez vite après le lever du soleil).

On a pas pu terminer la voie alors qu'on en avait le temps matériel (ce qui nous fait encore plus râler...) parce qu'une des batteries de mon perfo nous a lâché très vite. Il faudra revenir...


Ce qu'on a fait

L1, départ un peu sale

L2, de jolies dalles même si la photo ne rend pas

L3, très jolie

L5, la longueur la plus obligatoire. Emile, toujours en libre

L6, un très joli mur peu prisu, puis ça devient plus herbeux juste avant le relais. Emile enchaine alors que je me suis allègrement vaché aux points...

La nuit nous rattrape dans L7. Ci- dessous une photo de la belle traversée de L8 dans un beau mur orangé, que j'ai ouverte à la frontale (photo prise le lendemain depuis R8)

1h00 du matin, ça y est on est les 2 dans la grotte ( si vous regardez bien, vous pouvez voir dans un des sacs de hissage une stat qu'on a hissé pour rien...)

La belle vue sur la pena de sin le matin depuis la grotte; une vue qui se mérite...

Dernière longueur le lendemain, avant que la batterie du perfo ne nous arrête

La vue depuis R9 : on a pris de l'altitude depuis hier

lundi 1 août 2016

Pic Riguelo - voie " c'est majeur"

Autant le dire de suite, la voie est assez jolie mais, non, ce n'est pas une voie majeure, car il y a un peu de rocher délité dans L3 facile et dans les 5 derniers mètres de L5.

Reprenons par le commencement : j'avais réussi à motiver Fabien pour aller ouvrir une voie facile ce samedi. Son frère n'est finalement pas disponible et Fabrice, qui pourtant ne souhaitait plus ouvrir mais qui n'a pas d'amis ce jour là, se joint à nous au dernier moment. Etant donné les chaleurs annoncées, je pense immédiatement à la face nord de Riguelo où il fait souvent froid et où une fissure n'est pas encore ouverte entre la voie "divine surprise" qui part très à gauche en haut et la vieille voie de mixte libre/artif qui part très à droite en haut.

Seul souci, Fabien a un repas à 20h00 et on a un peu de route. On part donc un peu plus tôt et je ferai tout en tête pour aller plus vite. La voie se déroulera sans problèmes dans des fissures sympas, sauf dans la longueur de 6c (où 6a et 1 pas d'A0) qui est en mur prisu où je finirai pas trouver un passage dans lequel on grimpe sur de superbes cailloux incrustés (que malheureusement je n'ai pas pris en photo).

Fabien se débrouillera super bien en bon montagnard qu'il est. Une bonne partie de la journée, la conversation tournera autour des critères qui font qu'une voie peut être considérée comme majeure et sur le fait que, finalement, si ce mot là est pris stricto-sensu, il y a très peu de voies majeures dans les Pyrénées. Au sommet, on décide que Fabien choisira le nom de la voie et fera le topo (il se débrouille beaucoup mieux que moi pour ça : je sais, c'est pas très dur...). Il propose un nom gentillet qui me convient à moitié car je suis peu adepte du consensus mou.

Hier soir pourtant, il m'envoie un sms en me disant qu'il a fait le topo et changé le nom de la voie. J'ouvre mon mail et apparaît sur mon portable un majeur, bien droit et bien haut. J'éclate de rire tout seul : un nom en forme de doigt d'honneur, ça percute!

Le topo

La voie "divine surprise" suit la fissure au centre et la voie "c'est majeur" suit la fissure de droite

Fabien dans L1; sur la photo, on voit un peu d'herbe mais on ne la touche jamais

Ma pomme en train d'ouvrir L2 et Fabien qui préfère regarder la bouffe (photo de Fabrice)

Toujours ma gueule dans L4 (photo de Fabrice)

Fabien sort du 6c

J'en termine avec la voie (photo de Fabrice)

Fabrice dans les 5m, plus délicats de la sortie

mardi 26 juillet 2016

Ordesa - Verticualidad

Petit message préliminaire :
En grimpant la voie Verticualidad à Ordesa, nous avons trouvé pas mal de matériel (4 friends, 2 sangles et 2 dégaines), manifestement lié à un secours qui a eu lieu dans cette voie. Je peux renvoyer son matériel au grimpeur accidenté. Il pourra me contacter sur mon portable au 06-37-10-56-62 ou sur mon mail : jprio"at"hotmail.fr pour m'indiquer son adresse"



Je n'ai pas diffusé de messages ces temps ci car j'ai eu pas mal de bricolage à faire à la maison et j'ai du coup plutôt fait de la couenne. Ce week end, j'avais plusieurs projets en tête mais nous sommes finalement partis ce dimanche avec Jean Michel à Ordesa. Je lui propose la voie "los enamorados" mais Jean Mi pense que c'est trop dur. Il propose plutôt "los primasticos de Gavin" mais j'ai lu par là qu'il y avait une longueur un peu dangereuse donc je suis pas super chaud. Je donne quand même mon aval mais finalement au parking, on se rend compte qu'on a oublié le topo. On se décide donc pour la voie "Verticualidad" qu'on pense plus "facile".

Le matin, je suis malade donc je ne suis pas mécontent d'avoir abaissé les prétentions. Je me traine jusqu'au pied de la voie et on attaque. Dès la 2ième longueur, Jean Michel commence à rechercher l'itinéraire. Dans la 3ième, je ne trouve pas le relais et on est obligé de faire de nombreuses variantes en rocher parfois bien pourri. On est même pas au longueurs dures et on a fait qu'errer dans la voie. Je sais pas si c'est la journée qui veut ça mais on passe plus de temps à traverser à gauche ou à droite qu'à monter vers le haut...Le rocher est souvent bien moyen mais c'est peut être aussi parce que nous n'empruntons pas les bons passages.
On finit par arriver à la longueur dure et il est bien tard : ce passage nous parait bien dur et on se dit qu'on va devoir artifer. Comme je suis un peu plus rapide que Jean Michel dans ce domaine, je repars en tête mais le temps file. On finit par arriver en haut mais il est 20h00 passés. On hésite à courir pour choper le dernier bus mais on se résigne et on descend tranquillement en pensant aux 10km de route qui nous attendent jusqu'à Torla. Arrivé à la pradera, la chance nous sourit cette fois : des voitures du parc arrivent et Fernando, un garde et grimpeur du parc très sympa nous descend jusqu'au parking : Un grand merci à lui!

On avait bien sous-estimé cette voie et elle s'est bien chargée de nous rappeler qu'à Ordesa plus qu'ailleurs, tout n'est pas écrit dans la cotation du topo... On lira après coup, dans le journal local, que le secours qui a eu lieu un peu avant notre passage a duré de 12h40 jusqu'à 8h00 le lendemain matin. C'est là qu'on se rend compte que l'engagement à Ordesa n'est pas un vain mot...En tout cas, je souhaite un très bon rétablissement au grimpeur accidenté (d'après le même journal, il aurait une fracture ouverte du bras)


La face
L1
Début de L2, on va vite commencer à chercher à gauche et à droite
L3, faute d'avoir trouvé le relais, j'en ai monté un improvisé
L4, Jean Michel dans une variante en rocher bien pourri...
premier 6c
Dans le 6c avant la longueur dure
Le pseudo 7b qu'on a bien artifé...


L'autre jour, nous avons aussi continué une ouvertue à la pena de sin. De belles gouttes d'eau parfois, mais malheureusement des sections parfois très dures en dessous

lundi 4 juillet 2016

Ordesa - Los mononeurona

Hier, on est reparti à Ordesa avec Jean Mi pour grimper "los mononeuronas". Cette voie est une des très belles voies d'ordesa, sur un rocher souvent magnifique. Elle est aussi assez peu équipée (j'ai compté 3 spits et 10 pitons, relais compris, sur les presque 400m d'escalade). Il y a donc forcément un minimum d'engagement dans la grimpe. Etonnamment, les 2 passages en 7 sont les moins engagés (le 1er est un pas de bloc au niveau d'un spit et le second est le franchissement du toit de soleil noir par la droite et est équipé de pitons (je l'ai trouvé vraiment facile pour la cotation annoncée, surtout comparé au passage du toit en 7b de la voie "soleil noir" juste à gauche. je pencherai plutôt pour une cotation autour de 6c+/7a). Par contre, plusieurs longueurs en 6c et 6c+ demandent d'avancer et un peu de flair dans l'itinéraire (mention spéciale pour L7 qui fait 55m, qui grimpe presque tout le temps, et qui comporte 2 pitons de progression bien cachés...). A noter qu'on avait pris les petits ball-nuts et ça nous a permis de bien limiter l'exposition de certains passages (notamment dans L4 et L7). On avait pris aussi un marteau et on a donc retapé tous les pitons en place.

En tout cas, elle est sans conteste dans le top 3 des voies que j'ai grimpé à Ordesa (pour le moment, du moins). Une bien belle journée au soleil, donc.

L1

L2

L3, après le pas de 7a bloc

Fin de L4

Jean Mi franchit le toit de soleil noir par la droite ( et, étonnamment, c'est bien plus facile que par la gauche)

L6, dans un magnifique mur rouge

Jean Mi attaque L7, la longueur la plus soutenue

mardi 28 juin 2016

Serveto - Happy Brexit

Ce week end, on avait des grosses ambitions avec Jean Michel avec un projet de répétition d'une voie dure à Ordesa mais une météo annoncée pas terrible nous fait nous désister juste avant de partir. Nous choisissons au dernier moment de partir vers Sin pour répéter une autre voie dure. Mais le soir, je regarde les commentaires d'un fort grimpeur (qui a buté dans cette même voie) qui me font douter, d'autant plus que la météo est vraiment incertaine. Le matin, de gros nuages noirs s'accumulent au dessus de nos têtes : c'est décidé, on passe au plan C (en fait, il ne pleuvra pas une goutte de la journée).

Ca fait plusieurs fois qu'en allant sur le chemin depuis Serveto à la pena de sin, on passe devant une jolie barre qui semble adaptée à la couenne et un peu plus loin, on voit de jolies dalles grises plus hautes . On se décide pour les dalles grises, ça permettra notamment de voir de plus près si ça vaut le coup d'équiper le site de couenne à coté. Une fois au pied des dalles, on déchante un peu au début: c'est lisse comme à la mature et on est pas sûr que ça passe en libre. Finalement, ça passera pas si mal à notre grand soulagement. La voie est bien plus sympa que ne le laisse supposer les photos puisqu'on évite pratiquement partout la végétation (assez présente dans la zone) et les dalles sont très belles (le style est très différent de la pena de sin). L1 est entièrement équipée, puis il y a moins de matériel en place. La voie peut vraiment servir de plan B en cas de but à la paroi de sin tout proche car elle se grimpe aisément à la demi-journée (suivant les températures, elle est à l'ombre le matin ou au soleil l'après midi)

Le nom de la voie, provocateur bien sûr, réagit sur l'actualité récente. Pour ma part, j'espère surtout que la sortie du royaume unie de la communauté européenne débouchera sur une Europe bien moins libérale qu'elle ne l'est actuellement et, surtout, bien plus soucieuse de sa population. Mais la défaite de Podemos en Espagne le jour même de cette ouverture me fait penser que ce n'est pas gagné...



Le joli topo fait par Jean Mi

L2

L3

Serveto, vu du haut