mercredi 22 février 2017

Glace à Gavarnie

Aujourd'hui, nous sommes repartis au cirque : 2ans que je n'y avais pas mis les pieds et j'avais oublié à quel point le coin était beau. On arrive pas très tôt et plusieurs cordées sont déjà en action. Jean Michel est motivé pour aller dans Thanatos malgré des longueurs qui paraissent bien neigeuses. Mais la colonne est bien et que je l'ai pas grimpée depuis longtemps, donc ok man! J'attaque donc les hostilités et arrive à R1. Au début, ça coule juste un peu au relais mais le temps que Jean Mi monte, ça commence à devenir du canyoning : je suis bien trempé et ça sent le plan galère - on insiste pas et on descend.
La matinée est bien avancée et on se retrouve au pied des cascades, la plupart occupées. Une cordée fait demi-tour dans Ice Folle. Va donc pour cette voie (en plus, ça fait aussi un moment aussi que j'y suis pas allé); on fonce donc sans perdre de temps et la voie s’avérera être en très bonne condition( bien sûr, il y a toujours des passages neige-glace caractéristiques de toutes les cascades de la zone).

Au niveau conditions dans le coin, la plupart des classiques sont en bonnes conditions, sauf Adrenaline et peut être thanatos (la stalactite de lowe, love me do est aussi tobée). Le 2ième et le 3ième sont ok, les alpes juliennes et quelques cascades d'Atico aussi. Dans les semaines précédentes, de grosses avalanches ont bien balayé la zone depuis le 3ième étage : du coup, toutes les banquettes sont vraiment bien stables actuellement.


Thanatos

L1 de Thanatos

plan B dans ice-folle

Fin de voie


2ième et 3ième étage

lundi 20 février 2017

Gourette - Arête des coutchets

Après un peu de cascade de glace pendant la période de froid, puis une reprise du rocher en couenne du style "j'ai mal aux doigts", retour à la montagne ce samedi. Fabrice était allé skier vers Gourette cette semaine et avait vu des lignes dessinées qui pouvaient être intéressantes. On arrive un peu plus tôt et on prend le temps de bien jumeler les lignes en question : elles sont en effet dessinées mais l'assurage me parait vraiment problématique. Ca ne broche pas et on sait que sur le rocher de Gourette, il est parfois (souvent) difficile de s'assurer correctement. c'est soit de la grimpe en solo (ce qu'on a ni le niveau moral, ni peut-être technique de faire), soit une probable ligne de spits (ce qu'on veut surtout éviter dans cette zones peu équipée). On renonce donc et Fabrice me propose, en plan B, l'arête des Coutchets, qu'il a déjà parcouru plusieurs fois, qui va jusqu'au sommet du pic du ger et qui propose l'avantage non négligeable de présenter une descente par l'autre versant entièrement skiable.

Je me dis au départ qu'on va courir. En fait, on mettra un certain temps et on sortira même la corde à 3 reprises sur des dalles verglacées bien peu protégeables. Cette arête, que j'avais toujours dédaigné, est en fait vraiment belle, assez longue et parfois bien effilée. Elle finit en plus sur un beau panorama au sommet. Une superbe découverte, que je referai probablement à l'occasion!

Une partie de l'arête

Départ


Traversée sur des dalles verglacées improtégeables

Par sécurité, on ressort la corde pour un bout d'arête un peu plus effilé

jeudi 26 janvier 2017

Pic de Poure Lamary - "Pouré, sa grimp!!!"

Comme me l'a souligné mon copain Jean Mi au téléphone aujourd'hui, mon blog est un petit peu en jachère en ce moment : non pas que j'ai arrêté les activités montagne (c'est même plutôt l'inverse) mais j'avais bien la flemme d'écrire. Je me bornerai donc à indiquer les dernières sorties.

Hier, nous sommes allés ouvrir une voie que j'avais repéré il y a longtemps et dont Fabrice m'a reparlé dernièrement. Dimanche, en allant gravir le très beau couloir nord est du pic de la leurt, j'ai vu que la première longueur de ce projet était en neige, ce qui est assez rare. Louis, qui était avec moi ce jour là en compagnie de Txomin, pensait même que ce n'était pas si dur. Je m'étais montré bien plus prudent. Hier, retour dans la zone : Fabrice veut attaquer et ouvrir L1 qui s'avèrera être vraiment très belle et en bonne condition. Les choses commencent à changer dans L2, au début raide, ce qui me coutera un petit vol pour cause de neige pas assez consistante à un moment (et mon collègue aussi en second). Au dessus, Fabrice tente un passage direct sur les dalles mais la neige n'est pas assez dure. Je force donc le passage en 2 longueurs par un dièdre caché 15m à droite. Celui-ci s'avèrera finalement assez dur et me demandera pas mal de temps et d'énergie. Au dessus, la face se couche et il y a des pentes de neige avec des bois. Ca n'a pas un gros intérêt (et en plus, il est tard): on décide donc de descendre en 4 rappels sur arbre.

La semaine dernière, comme je le disais précédemment, on était allé grimper le très beau couloir nord est du pic de la leurt, qui offre en plus une belle descente en ski du sommet par l'autre versant en passant aux cabanes d'ansabère. Dans le facile, probablement le plus beau couloir de la vallée d'Aspe selon moi.

Les jours précédents, du très bon ski en poudreuse, histoire de se rappeler que le ski, c'est super aussi!

Il faudrait juste 2 vies pour pouvoir en profiter 2 fois plus!


Le topo d'hier

La face, vu du pied : ça parait plus facile que ça ne l'est

L1

Ma pomme dans L2 : qui c'est qui va bientôt faire un petit vol (pour cause de neige pas assez dure)?

Fabrice dans une tentative de passage direct dans L3, mais la neige peu consistante sur les dalles ont avorté la tentative. On est donc passé par un dièdre caché plus à droite, pas facile (pas de photos de qualité de la suite)



Le week end dernier, mélange de ski et d'alpinisme dans le très beau couloir nord est du pic de la Leurt - Txomin en action

2 jours auparavant, ski dans la poudreuse à Barlagne - Mickael sur la photo

dimanche 18 décembre 2016

Telera - voie Sonia

Hier, nous sommes partis avec Louis à la Telera grimper la voie Sonia. Comme cette voie est maintenant devenue classique et que nous avions vu qu'elle était en bonne condition sur internet, on s'attendait à y trouver du monde ( mais faute de temps pour faire autre chose, on s'était décidé quand même) : en fait non, à notre grande surprise, on était tout seul (il y avait du monde au Maribel et vers l'y).

On a trouvé la voie très jolie et bien qu'elle soit peu soutenue, elle est de grande ampleur (je pense que depuis le départ de la grande diagonale, elle doit bien faire 700m)et elle se termine pratiquement au sommet de la Telera. Comme on longe le dièdre nord par la droite, il y a en haut des perspectives qui donnent à la voie vraiment une ambiance de grande face.

Encore une belle journée de pyrénéisme, donc. En ce qui concerne la voie, elle est encore en bonnes conditions même s'il me semble que les faces nord commencent à sécher(ça semblait plus sec que sur les photos de la semaine dernière)



Comme on voit pas trop bien si ça va être dur, Louis s'encorde au début

Mais on range vite la corde pour gagner du temps

La longueur la plus technique (ne faites pas comme moi, essayez de la grimper sans sac car elle est par endroit assez étroite)

Louis sort de la longueur technique

Vers le haut de la voie, la longueur la plus jolie pour moi : du très beau mixte en traversée

sortie de la voie

Une jolie vue sur l'ossau

lundi 12 décembre 2016

Pic d'Aspe - voie "cristal oscuro"

Hier, nous sommes partis au pic d'Aspe, initialement pour grimper la voie Edil; Dès l'approche, il nous semble que celle-ci n'est pas en condition. Après une courte tentative dans la neige pulvérulente, je dois redescendre. Par contre, on s'est tous rendu compte en montant que les plaquages de la voie "cristal oscuro" juste à coté semblent pas mal du tout. Louis va jeter un coup d'œil et tombe sur de la neige couic. Pour regagner le temps perdu, on fait 40m facile en solo et on s'encorde au pied des difficultés. La neige est de bonne qualité mais parfois bien fine et la protection un peu aléatoire : je suis donc bien content de tomber après une vingtaine de mètres sur quelques spits d'une voie d'été pour me protéger. Dans la longueur suivante, je pars plus à droite que le passage classique dans du très beau dry en M6 (je pense), au dessus je tombe sur de la bonne neige couic mais la protection se fait plus aléatoire et je serre un peu les fesses. La dernière longueur raide est elle en super condition. Au dessus, on tombe dans la face nord classique (genre face nord du taillon) et on se désencorde pour monter au sommet.

Un plan B qui vaut mieux que le plan A initial, c'est rare; je sais pas ce que va donner la suite de l'hiver mais en tout cas, ça part pas mal du tout au niveau alpinisme.

Pour la voie actuellement, prendre 4 ou 5 pitons, 1 ou 2 broches courtes, un petit jeu de friends et quelques dégaines. Je pense que nous sommes passés un peu plus à droite que le topo trouvé sur internet que je mets en dessous et les cotations sont du coup un peu plus dures (M6, 85° je pense).

La voie

Le topo trouvé sur internet (on a trouvé la voie plus difficile qu'indiqué sur le topo mais on est passé un peu plus à droite, je pense)

L2

L3

L4, fin des difficultés

Summit

Une autre photo de ma pomme dans la voie (photo de fabrice)

dimanche 4 décembre 2016

Dec de Lhurs - "Little Big Road"

Après une longue période à faire de la couenne ( à l'exception de l'ouverture d'une voie d'artif à Cienfuens qu'on a pas eu le temps de terminer avant la fermeture administrative de la falaise), j'ai ressorti le matériel d'hiver ce week end. Je dois avouer que lorsque Louis et Fabrice m'ont appelé surexités le week end dernier pour me dire que la goulotte dans laquelle j'avais posé les rappels de la voie "sans dec" cet été leur semblait en bonne condition, je m'étais montré dubitatif : j'étais en effet en train de grimper au soleil juste en dessous et il faisait presque trop chaud! une montée rapide à Lescun avec les jumelles ne m'avait pas convaincu (même si je n'avais pas pu voir la partie raide de la goulotte directement).

Je décide tout de même de partir avec eux ce week end, en me disant qu'on finira probablement dans le couloir facile qui monte au sommet du Dec de Lhurs. Je préfère en effet buter que de manquer une potentielle ouverture. Olivier s'est joint à nous : une ouverture à 4, ça changera des habitudes. En chemin, la ligne apparaît et je dois reconnaître qu'elle ne me semble pas si mal. Une fois au pied, il fait bien plus froid qu'en bas (le coin est une belle fosse à froid): Ca semble vraiment tentable.

Fabrice part justement dans du beau mixte, bien protégeable sur la droite plutôt que sur le plaquage improtégeable de gauche comme je le suggérais. La longueur s'avèrera très belle. Olivier continue dans une longueur en neige couic avec un peu de mixte : le rêve. Lorsque mon tour arrive pour la troisième longueur, ça nous semble moins raide et on se dit que c'est gagné; en fait la longueur me donnera un peu de fil à retordre : la neige est bien moins compacte, il y a des ressauts verticaux et quelques passages engagés. Pour la reprise, j'en chie un peu mais je m'en sors. La 4ième longueur est facile mais je tombe en fin de longueur sur de la neige non transformée sur des dalles compactes. Je fais un relais et Fabrice prend la suite. Il galère un peu à trouver un passage pour passer au mieux sur les dalles mais il s'en sort également finalement. on aura grimpé une jolie voie, même si elle n'est pas très longue (un peu moins de 200m). Après un coup de fil d'Olivier à JB Cappicot et P.Barthes, guides de la vallée, ceux-ci nous confirment que la goulotte n'est pas ouverte (Ils ont ouvert les 2 courtes goulottes situées plus à droite). Coup double donc.

Une bien belle journée mais où j'aurai vraiment été chambré à cause de mon pessimisme initial.


Le topo

Fabrice fait péter le style dans L1 (le plaquage à gauche est improtégeable)

Fabrice toujours, en fin de L1

Olivier prend le relais dans L2, qui s'avèrera être en super condition

Olivier dans L2, toujours

C'est à mon tour de prendre le relais dans L3 et c'est bien plus difficile qu'il n'y parait (photo de Fabrice)

Fabrice sort de L3 et ça rigole moyen...

La collective dans L4, longueur de transition

Fabrice reprend la tête pour la dernière longueur, pas si simple ce jour (heureusement que c'est pas trop raide; sinon, on avait moyen de buter...)


Au mois de novembre, l'ouverture de la voie d'artif à cienfuens qu'on a pas pu terminer avant la fermeture de la falaise...

mardi 8 novembre 2016

Grèce - Escalade à Leonidio

De retour d'un séjour pluvieux en Grèce à Leonidio dans le Péloponnèse avec Philippe. On était parti pour grimper en couenne et ouvrir une grande voie entièrement équipée (sur goujeons inox 316L compte tenu des problèmes de corrosion de la zone).

Encouragés par les grimpeurs locaux du bar Panjika qui viennent de sortir le topo de la zone, on a trouvé une ligne de 7 longueurs d'environ 200m entre 2 sites de couenne situés au bas de la grande paroi (Eh oui, des sites de couenne ont été équipés au pied de la grande paroi (alors qu'il y a du rocher partout pour la couenne dans la zone), ce qui correspond plus ou moins à équiper un site de couenne au pied de montrebei et à forcément empêcher de nouvelles grandes voies de s'ouvrir juste au dessus) et on a ouvert celle-ci. La ligne s'est avérée vraiment très belle et pas trop dure (7a max). On l'a regrimpé et on était très content de nous (elle s'appelle Helona, la voie des tortues en grec)lorsqu'on a reçu un mail venu d'Athènes d'un grimpeur grec nous disant qu'il souhaitait réserver entièrement la zone pour la couenne.

On s'est alors rendu compte que la zone est gérée par 2 groupes de grimpeurs qui ne s'entendent pas du tout. On a discuté avec les 2 parties, notamment à ceux qui étaient contre notre grande voie en leur expliquant qu'on avait entièrement purgé notre ligne (contrairement à ce qu'on a pu voir au dessus des sites de couenne...), que celle-ci ne passait pas au dessus des sites concernés et qu'on la considérait donc entièrement safe. Les grimpeurs présents en ont tous convenu et il semble donc que la voie ne sera pas déséquipée (mais seul l'avenir le dira...).Cependant, dans un souci d'apaisement, on a décidé de ne pas publier le topo sur internet pour le moment (il est cependant disponible au bar des grimpeurs de Leonidio (Panjika) et je le tiens à disposition de ceux qui souhaiteraient aller grimper dans la zone). Ca nous un peu gaché la fin du séjour. Je ne peux qu'encourager ceux qui vont dans la zone d'aller la grimper (leur compte rendu prouveront que la voie ne présente pas de danger pour les grimpeurs souhaitant faire de la couenne à gauche et à droite de notre voie) mais on verra bien quel sera l'avenir de cette voie.

Sinon, on a aussi grimpé sur les falaises de couenne existantes et on a particulièrement apprécié les sites d'Elona, Twin caves et Balcony.



La grande paroi : la voie Helona qu'on a ouverte passe dans le grand toit au centre

Philippe à l'ouverture de L3 sous la pluie

Philippe grimpe le très beau pilier de L4 que je viens d'ouvrir

En fin de longueur, une traversée avec des colonnettes et des trous pour rejoindre la grotte

Les carapaces de tortue qu'on a trouvé dans la grotte qui ont donné son nom à la voie

Sortie de la grotte : un énorme dévers sur colonnettes, puis gros trous ultra gazeux à 150m du sol, qui sort seulement à 7a

L6, un toit péchu puis des gouttes d'eau type verdon pour la suite

Début de L7,toujours des gouttes d'eau jusqu'en haut

Des photos de moi prises par Philippe lors de la répétition de la voie (on avait inversé les longueurs et grimpé celles ouvertes par l'autre)

une grosse tortue vue par hasard


En couenne, on a trouvé très beau le site de twin caves

un des très beaux 7c du site d'Elona

Le secteur de Mars est très beau aussi mais vraiment surfréquenté