mardi 12 janvier 2021

Sainte Engrace - Canyon d'Ehujarre - "Filomena"

 Après un peu de glace au soleil mercredi à Bielsa avec Fabien et Xavier où on aura bien rigolé, on se cale avec Renaud pour aller grimper dimanche et lundi. Jeudi, Renaud part en repérage dans la vallée et voit une très belle ligne. On regarde la météo : il semble que la tempête Filomena, en provenance d'Espagne, devrait peu nous toucher. Samedi matin, on boit un café au marché de Mauléon et les premiers flocons arrivent : rien de bien méchant pense t'on. Très tôt, dimanche matin, ce n'est plus la même histoire : tout est blanc, y compris les routes que personne n'a salé. Il neige encore. J'atteins difficilement la maison de Renaud. C'est le chantier sur la route : on fait vite demi-tour et je repars me coucher. Le midi, on se décide à repartir : on hésite partir faire du ski dans la poudreuse, mais finalement on préfère faire la trace jusqu'au pied de la voie et porter le matériel pour le lendemain. J'en profite pour ouvrir la première longueur, assez  raide et technique.

Lundi matin, Xavier dont c'est le jour de pause pour le damage à la Pierre Saint Martin, se joint à nous. Encore une fois, personne n'a salé et la route est une vraie patinoire. Heureusement, le 4*4 de Xavier plus ces 4 pneus neige nous évitera un second but voiture en 2 jours. On attaque la voie et on se rend compte très vite qu'il a pas mal neigé, beaucoup plus qu'annoncé : dans les zones plus couchées, il y a bien de l'épaisseur qui nous empêche d'avancer rapidement et la neige cache certaines dalles, ce qui fait qu'on monte moins vite que prévu. On arrive à la longueur dure, juste avant la banquette intermédiaire. Renaud s'emploiera pas mal mais se débrouillera magistralement dans cette longueur superbe, avec du rocher vers le bas et du mixte vers le haut. On verra le soleil 2 secondes sur la banquette intermédiaire histoire de se réchauffer un peu, puis on basculera en versant nord. Les longueurs au dessus de la vire s'avèreront très belles aussi. On atteindra le sommet peu avant la nuit mais la descente s'avèrera très rapide. Attention quand même à celle-ci pour les répétiteurs : on aura longé des avalanches impressionnantes dans le couloir Amakunka et toutes les pentes du dessus n'étaient pas purgées.

On a trouvé la voie vraiment très jolie, avec plusieurs passages bien techniques l'air de rien. Une très belle journée, très froide où on se sera bien régalé. Décidément, le pays basque révèle encore bien des surprises...

Le topo de la voie


Vers le pied de la voie au levé du jour


L2 et L3 dans la zone intermédiaire, moins faciles qu'il n'y parait à cause de nombreuse dalles sous jacentes sous la neige



L4


L5, la longueur dure, superbe




Au fond, le bourg de Sainte Engrace





L7



Fin de voie



lundi 4 janvier 2021

Crête d' Arapoup - "Arapopoulos"

 1er janvier : la période est au ski avec les récentes chutes de neige. Avec un BRA annoncé de 4, je propose prudemment à Renaud d'aller skier sur les pentes douces du Lasnères. On part bien tard après le réveillon et au fur et à mesure qu'on monte vers Aydius, on se rend compte qu'il n'y aura pas assez de neige pour skier à cet endroit. Tout d'un coup, Renaud qui regarde le paysage par la fenêtre, me saisit le bras : "t'as vu la ligne, là bas?". On s'arrête :  Renaud n'en revient pas que je n'ai jamais repéré cette ligne auparavant. on sait déjà où on ira demain. On redescend jusqu'à la route nationale et on comprend :la ligne est invisible depuis la route et encore plus depuis le bar du Permayou où, depuis le temps, j'ai du laisser l'équivalent du prix d'une voiture en boissons alcoolisées...Il faut rentrer jusqu'au fond du village d'Accous pour la voir. 

On montera finalement à Lescun où on trouvera que les conditions ne sont pas super saines (il y a des zones toutes pelées et à coté des grandes pentes où je n'ai quasiment jamais vu la neige tenir) : on ira finalement tranquillement skier dans les bois plein nord au dessus de la Brenère.

Le lendemain, je quitte la maison à la fin du couvre feu à 6h pile, mais il pleut alors que la neige était annoncée. Ma motivation tombe parce que grimper en étant mouillé, c'est l'assurance d'avoir très froid; Renaud veut aller voir: il pleut encore à Bedous et même s'il neige au dessus, on décide de remettre au lendemain et de retourner se coucher.

Dimanche, rebelote : sortie à 6h pile, par une nuit étoilée. Il faut gratter le pare brise, ça s'annonce tout bon. Dans la nuit, on galère un peu à trouver la bonne approche pour la voie (comme on est des grosses faignasses, on a même pas pris 20 minutes pour repérer comment rejoindre la fougeraie bien visible depuis la route) et on rejoint la voie après 1h30. La voie s'avèrera pas mal du tout avec du couloir classique en neige plus ou moins béton (je pense qu'on doit pouvoir trouver la voie en meilleure conditions que ce jour), du dry toofing et un peu de mixte. Il y a souvent des arbres sur le coté du couloir pour pouvoir faire des relais. 

En fin de journée, après les rappels, je ramènerai un chien de chasse complètement perdu dans les pentes d'accès et trempé par la neige, pendant que Renaud descendra le ruisseau pour essayer de retrouver les gants qu'il a fait tomber et croisera 2 sangliers.

 Avec le couvre feu à 20h, on aura tout juste le temps d'attaquer une bouteille de vin chez Renaud, sans la finir et ça, c'est grave!

Le topo


La ligne, depuis le village d'Accous


La même ligne, vue depuis Aydius à plus de 3 kilomètres de distance à vol d'oiseau


Dans la voie


Plus haut,



Vue sur la dernière longueur


Arrivée sur l'arête



Renaud fait la gueule : il a perdu des gants et, plus grave (pour lui), son briquet!




lundi 21 décembre 2020

Pic de la Marmida - face nord -"Le grec"

 Avec Renaud, on avait terminé l'hiver dernier en alpinisme en allant ouvrir la goulotte Jeremy au pic de la Marmida vers Lescun, 2 jours avant le premier confinement. Ce début d'hiver, on est retourné au pic de la Marmida pour la première sortie alpi de la saison, juste après la fin du 2ième confinement (en espérant que ce soit le dernier, ce dont je doute...). 

On a été ouvrir la goulotte juste à droite que la goulotte Jeremy. Les conditions étaient excellentes : neige béton, un petit peu de glace et quelques touffes d'herbes gelées. Cette goulotte, qu'on a appelé "le grec" s'est avérée moins jolie que la goulotte Jeremy (qui est une goulotte de style assez classique, très encaissée avec de la neige/glace/rocher et quasiment pas d'herbe); elle comporte une première longueur bien dure avec un départ en rocher, non libéré (je pense que ça doit passer en libre autour de 7a, mais il faudrait pouvoir grimper en chaussons, car les pieds ne sont pas crochetants) et une fin de longueur en dry toofing sur mottes gelées. On rejoint ensuite un couloir de neige, de moins en moins raide (il redescend même dans L4) qui monte au sommet en colimaçon, en passant par la face ouest. La voie est donc peu homogène (beaucoup moins que la voie Jeremy), même si elle est assez esthétique avec ce couloir étonnant qui fait le tour de la montagne.

En tout cas, une bonne reprise de l'alpi et, grâce au couvre-feu, j'ai pas fini la soirée à vider toutes les bouteilles de vin chez Renaud :)

Le topo


la face


L1, pas facile : une section en rocher avant d'aller chercher des touffes d'herbes salvatrices



L3, très facile mais esthétique



Fin de L4, après être passé dans un grand boyau en face ouest



mardi 15 décembre 2020

Sainte Engrace - Canyon d'Ehujarre - voies "venturi"/"ça saute pas aux yeux"/"Anakunda"/"Amar"/"crane d'isard"/ variante de "Gentiane"

"On va parfois chercher très loin ce qu'on a sous les yeux". Le canyon d'Ehujarre à Sainte Engrace pourrait répondre parfaitement à ce dicton en ce qui me concerne : alors que je fais souvent des heures de voiture pour aller grimper ou ouvrir, j'habite à moins d'une 1/2 heure de l'entrée du Canyon et  je l'ai toujours négligé, et ce malgré plusieurs balades familiales (Ehujarre est un canyon sec et un bon chemin de randonnée le parcourt en entier) où j'en profitais à chaque fois pour regarder les parois.  En effet, malgré plusieurs kilomètres de parois rocheuses, l'ouverture de voies d'escalade dans le canyon nécessite une bonne observation préalable, pour pouvoir éviter à la fois les zones herbeuses, mais aussi les belles zones compactes qui sont souvent lisses. Après un peu de ski et de dry tooling la semaine dernière ( avec les nouvelles règles du confinement, il y avait un gros intérêt à habiter à moins 20km de ces zones...), on est parti aujourd'hui, 1er jour de "liberté", terminer une voie que l'on a appelé "Venturi" avec Renaud et Xavier. On aura ouvert plusieurs voies dans le canyon cet automne,  alors que celui-ci était assez peu exploré jusqu'à présent. Les descriptifs de celles-ci :

Venturi : la dernière du Canyon, plus équipée que sa voisine "abus de souffle", parce qu'elle va chercher les zones dans le meilleur caillou de la face. En fin de L1et au début de L2, elle rejoint une fissure évidente qui avait déjà commencé à être ouverte il y a bien longtemps, puisqu'on y a trouvé quelques pitons et des vieux coins de bois (au dernier point atteint par les ouvreurs de l'époque, il y avait même un stock de coins de bois, signe qu'ils comptaient revenir; ce qu'ils n'ont jamais fait pour une raison inconnue). L4 et L5 sont très belles sur du caillou sculpté. Le fronton du haut est très sympa aussi. La voie est assez homogène dans le 6b/6c, sauf un pas dans L6 (où on peut tirer au clou aisément), que j'ai réussi à libérer mais qui n'est pas facile à vue. Attention, la voie est assez exposée au vent du sud, donc bien regarder la météo avant d'y aller.

ça saute pas aux yeux : situé en haut d'un couloir et peu visible sans lever la tête depuis le sentier des gorges, je trouve que la voie est pourtant bien sympa avec 3 belles longueurs (L2-L3 et L5). Le jour de l'ouverture, Xavier a fini la journée à l'hôpital 'après être rentré chez lui pour se faire enlever un petit caillou qui s'était mis dans son œil en nettoyant, d'où le nom de la voie.

Anakunda : le départ est situé dans le couloir Amakunka, qui rejoint le haut des falaises, elle rejoint ensuite l'aiguille caractéristique  qui le domine. L2 et L3 sont bien jolies.

Amar : plus bas dans le couloir que la précédente, et plus difficile. L1 est équipée, mais présente un passage de 5m en rocher plus délicat. L3 est vraiment très jolie sur des cannelures, avec malheureusement un pas d'A0 vers le bas (libérable, je pense mais dur et sans rapport avec le niveau de la voie : peut être 7c)

Variante voie Gentiane : une variante en libre d'une voie plus ancienne, qu'on avait ouverte il y a quelques années avec Fabrice et Fabien, mais que je n'avais jamais diffusé.

On a également commencé 2 autres voies dans le canyon, dont une sur la même paroi et plus à gauche de venturi, qui ne sont pas terminées à ce jour.

Les haut-souletins étant heureusement assez réfractaires aux réglementations en tout genre, aucun arrêté, ni convention ne réglemente les activités sportives dans notre chère vallée (que ce soit en randonnée, en canyon, en escalade ou en parapente). J'espère que cela durera dans le futur. Les activités de chasse y sont par contre assez courantes, notamment les battues : si vous tombez dessus  en vous baladant ou en allant grimper, allez voir le 1er chasseur que vous croiserez et demandez lui si vous pouvez passer. Avec un petit sourire et un minimum de politesse, ça passe à chaque coup ( je crois d'ailleurs plus à une discussion sur le terrain pour le partage de nos diverses activités qu'à une réglementation venue d'en haut et appliquée bêtement).

Une belle salamandre sur le chemin des gorges



Venturi

Le topo



La face

L1


L2



L4


L5


L6


L7



"ça saute pas aux yeux"

Le topo


Ma pomme dans L2 (photos prises par Xavier) : je me rends compte que je suis plus photogénique de dos que de face...:)


début de L3 (photo prise par Xavier)

vue sur la fissure de L5



Voie "Anakunda"

Le topo


La face

Arrivée à L2, très jolie longueur


Summit


Voie "Amar"

Le topo




L2,moins herbeux et plus sympa que ça n'y parait sur la photo




Vue sur la dernière longueur


Crane d'isard

Le topo


Début de voie



Dans le bas de la voie


Une variante de la jolie voie Gentiane



L'ensemble des topos des autres voies existantes dans le canyon d'Ehujarre : 1 par les infatigables ouvreurs Laborde/Ravier/Thivel et les 3autres par des basques discrets de la cote, que je ne connais pas, mais qui ont été les premiers à détecter les ressources du canyon