mercredi 15 juillet 2020

Canyon d'Esquit - voie "Fabrice"

Ce mercredi, le temps était annoncé gris et frais. On part donc finir une voie qu'on avait commencé avec Fabrice en 2017 et 2018 au canyon d'Esquit. Un grave accident d'élagage l'empêche malheureusement maintenant de finir cette voie mais il souhaitait que je la termine malgré tout. On a donc regrimpé avec Renaud les 8 longueurs ouvertes et on a ouvert les 2 dernières qu'il restait. La voie est sympa, avec de très jolies longueurs : malheureusement, elle commence par la longueur la moins jolie de la voie, qui plus est en caillou un peu moyen. Dans L3, il y a également un couloir herbeux à traverser. Au delà, tout est très joli (sauf peut être le début de L6, qui est une transition entre 2 murs) et ça finit en beauté avec une dernière longueur en super caillou. Pour les photos mises en ligne sur le blog,j'ai fait un mix de celles de 2017, 2018 et d'hier. En tout cas, ça fait une jolie sortie avant des vacances en famille, loin des montagnes.

J'ai beaucoup pensé à Fabrice en regrimpant ces longueurs : si tu lis ces lignes mec, sois fort, on est avec toi.


le topo

Le canyon depuis la route

Fabrice dans L2, à l'ouverture

Renaud hier, répète cette longueur

Fabrice dans L3

Renaud dans L4

Fabrice dans L5

Puis, dans L6

Ma pomme dans L7 en 2018

On finit l'ouverture : Renaud ouvre L9

Renaud, heureux à la sortie de L10


A l'entrée du canyon, les parapentes de l'école d'Accous

Lizara - "l'americano" et "jour d'orages"

Après la voie "Recuerdos" à Lizara, je suis retourné 2 fois en 3 jours dans le coin pour terminer mes projets.

Le 1er jour, je pars avec Ivan qui ne connait pas le coin et qui fera preuve d'un enthousiasme sans borne, comme d'habitude. Comme on devait tous les 2 rentrer tôt, on ira ouvrir une voie très facile à droite de "Regaliz": mission accomplie avec cette jolie balade verticale, même si Ivan aura été un peu malade toute la journée, ce qui lui aura un peu gâché la visite.

Le dimanche suivant, des orages sont annoncés très tôt; comme la voie qu'on espère ouvrir avec Renaud est très courte, on part donc de nuit en espérant les éviter : raté puisqu'on prendra un 1er orage dès la fin de la 2ième longueur. On attend que ça se calme et j'attaque la dernière longueur bien mouillée. Ça séchera le temps que je grimpe et ça sera tout sec pour Renaud. Le temps de descendre sur le chemin et on prendra une 2ième vague bien plus violente qui nous fera finir trempé comme des serpillières à la voiture...


2 voies au rocher excellent, comme souvent à Lizara.


l'Americano


Le joli topo fait par Ivan

Ivan dans L2

Sortie sur la vire

Vue sur L4

L4

L5, sur l'arête

jour d'orages

Le topo

Renaud dans L1

Toujours Renaud dans L3, après le 1er orage

lundi 6 juillet 2020

Lizara - paroi Gruyere - "Recuerdos"

Ce dimanche, on est parti dans ce coin que j'aime tant, au refuge de Lizara. Renaud ne connaissait pas la zone et il est revenu enchanté de la beauté des lieux, avec de l'herbe verte et des iris en fleurs partout. Pablo, avec qui j'avais pas mal correspondu par mail et qui va reprendre le projet de topo de la zone que Nano avait bien avancé, se joint à nous.L'idée était de terminer une voie qu'on avait commencé en 2017 avec Fabrice : j'étais parti tout droit après L2, mais ça devenait trop dur (pour moi) plus haut et on était descendu en se disant qu'on allait continuer dans le pilier à gauche. Entre temps, Ekaitz maiz a commencé une voie sur ce pilier. J'imaginais donc croiser cette voie pour finir sur un beau mur qui allait tout en haut de la paroi, et sur lequel il me semblait voir des trous et des incrustations.

C'est ce qu'on a fait, et la voie est pas mal du tout, sauf le début de L2 où le caillou est un peu moins bon. Il y a bien des trous et des incrustations en haut mais ils sont moins marqués que dans le "poinçonneur de parois". la voie est finalement un peu plus longue par rapport à la petite taille de la paroi. Je pense qu'elle peut se coupler aisément avec "poinçonneur de parois", pour une cordée au niveau, en partant assez tôt (ça permet d'optimiser la marche d'approche...).

On a bien pensé à Fabrice, avec qui j'avais ouvert les 2 premières longueurs, et à Nano avec qui j'avais pas mal correspondu par mail et qui était un super copain de Pablo, d'où le nom de la voie.

On était aussi super content de rencontrer Pablo qui est super gentil et avec qui on a bien rigolé (ceci dit, heureusement qu'il parle très bien français, parce qu'entre mon espagnol très approximatif et Renaud qui comprend juste 3 mots, on était pas rendu...:))


Le topo

La paroi

Fabrice en 2017, lors de l'ouverture de L1

Renaud regrimpe L1

Puis L2

Pablo dans L3

Renaud dans L4

L4 présente des incrustations et des trous, comme dans "poinçonneur de parois", mais moins marqués

Pablo à la fin de la voie

mardi 30 juin 2020

Aguero - "Le scorpion jaune"

Ce dimanche matin, on devait aller terminer une voie commencée il y a plus de 3 ans avec Fabrice au verrou d'Esquit en vallée d'Aspe, mais pour la 2ième fois en 15 jours crashmeteo.fr était avec nous,puisqu'il pleuvait alors que ce n'était pas annoncé. Mais, depuis une semaine, on a à nouveau le droit de passer en Espagne, donc on franchit le tunnel pour la 1ere fois depuis 4 mois. De l'autre coté, pas de pluie mais le temps est couvert. on cherche rapidement un plan B. Ca nous semble trop incertain de rester collé au Pyrénées coté sud; on file donc vers Aguero où j'avais repéré une voie longtemps à l'ombre dans un canyon, souvent venté. Après une marche au soleil, on attaque les hostilités par une jolie fissure facile. Au bout d'une quinzaine de mètres, celle-ci devient de moins bonne qualité. On bascule sur la droite dans le beau caillou, ce qui nous permettra d'éviter en grande partie le surplomb final, mais nous fera grimper au soleil plus que je l'imaginais. La voie est sympa mais plus difficile que je pensais avec 2 sections qui piquent. un très bon plan B.

l'anecdote du jour est ma rencontre avec un scorpion. Dans une section difficile, j'ai sorti un caillou et j'allais mettre la main quand j'ai vu quelque chose qui bougeait; j'ai regardé de plus près : un scorpion. je ne savais même pas qu'il y en avait en Espagne. Ensuite, sur toute la fin de la voie, quand il fallait mettre la main dans un trou, j'étais du coup moyennement rassuré. Au retour, j'ai regardé sur internet : il s'agit du scorpion jaune, dont la piqûre peut éventuellement être mortelle. Ca m'a fait froid dans le dos...


Le topo


L1

L2, très belle

Sur la paroi d'en face, une belle boite aux lettres

Le scorpion jaune,à l'endroit où j'ai failli mettre la main

La sortie du 7b


Fin de voie


jeudi 25 juin 2020

Ansabère - grande aiguille -" D'antzaberri"

Ce mercredi, on a fini avec Renaud, la voie à la grande aiguille d'Ansabère qu'on avait commencé pendant le week end de l'ascension. On a eu un petit moment de frayeur en arrivant sur l'épaule, puisqu'on a découvert que l'orage était déjà sur le pic d'Aspe et qu'être en haut de la grande aiguille à ce moment là, c'est un peu comme être au sommet d'un paratonnerre. Heureusement, le ciel a été clément avec nous puisque l'orage s'est ensuite déplacé plus au nord, sur la table des 3 rois sans venir nous toucher (on a quand même pris la grêle et une forte pluie au retour, mais on était déjà sur le chemin)

Pour Renaud, c'était sa première vraie grande ouverture sur une grande paroi, et il s'est super bien débrouillé, même s'il m'a laissé terminé L4 et L5 (à 2 exceptions près quand même: dans la traversée de L5 où il a posé un spit pourri, peut être à cause d'une mèche foutue (il en a posé un juste à coté, mais plus dur à clipper) qu'on a pas réussi à enlever (désolé, Renaud, mais je n'arrive pas à assumer ce spit...:)) et sur le relais de L6, qu'il a planqué assez à gauche (mais c'est très facile, les répétiteurs chercheront) après une très belle longueur). Il s'est en plus cogné un portage tout seul du matériel jusqu'au pied du couloir la veille de la montée finale : bravo à toi, mec, et à refaire dès qu'on peut!!!

La voie est très jolie; elle fait le tour complet de la grande aiguille, un peu comme la directe de la Mitre à Vadiello. Elle débute par le couloir commun à toutes les voies (il est possible aussi de passer par le pierrier menant au couloir Garrote mais il est infâme et je déconseille cette option) et se termine dans la Ravier après l'épaule, comme l'ensemble des voies sortant à la grande aiguille. Je trouve le caillou vraiment très bon (pour Ansabère, bien sûr), sur la partie ouverte jusqu'à l'épaule. Tous ceux qui ont déjà grimpé à la grande aiguille savent que le rocher de la sortie commune à toutes les voies sur l'arête est bien plus délicat, malheureusement. Les 2 seuls passages en 7 sont sur spits et facilement artifables. Ils sont très courts : 3m pour la traversée de L5, mais assez peu agréables avec des pieds assez glissants malheureusement (le début et la fin de la longueur sont en 6b), et 7 à 8m au début de L7, très beaux ceux là, avec des petites verticales à tenir avec des pieds souvent en adhérence où il faut tenir la cadence et ne pas craquer (la fin de la longueur est en 6c). la voie est idéale pour les grosses chaleurs, puisque après L4, elle est intégralement à l'ombre jusqu'à l'épaule.

Renaud me demandait hier comment j'avais vu cette ligne, ce qui m'a amené à m'interroger sur comment tous les ouvreurs procèdent dans leur repérage. Déjà, je pars du principe que tout n'est pas ouvert, même dans des zones connues ou on pense que tout a été fait, sinon on ne cherche pas (j'ai regardé pour la grande aiguille et la dernière ouverture remonte en 1994). En ce qui concerne cette voie, je me rappelle parfaitement quand ça a commencé : en 2009, j'étais parti grimper le couloir Garrote en hiver et j'avais vu le dièdre fissuré juste à gauche en me disant "tiens, c'est pas ouvert", mais sans y attacher plus d'importance que ça. Une autre fois, bien plus tard, j'étais parti au pic de Petragème me balader en famille et, en descendant un peu plus bas, j'avais vu une ligne fissurée et la grande face vierge où on a finalement ouvert. Je ne suis pas passé à l'action de suite, comme souvent. En discutant avec Ivan Thomas l'automne dernier, il m'avait parlé du pilier nord, ouvert par Despiau et Barokas il y a bien longtemps, et il m'avait dit que Despiau lui avait indiqué que le rocher du pilier nord était globalement excellent. Cette discussion a servi de catalyseur pour moi. Mon projet d'ouverture se situait en effet juste à droite : il était donc probable que le caillou soit assez identique. Il restait juste à relier les bouts de ligne que j'avais vu par un repérage plus détaillé, ce qu'on a fait le premier jour de l'ouverture (on aura mis 3 jours à ouvrir au final).

Merci à toi Renaud, t'es une machine! J'espère qu'on aura plein d'autres occasions de grimper ensemble.:)


Le topo

Les aiguilles, toujours un enchantement

La face qu'on va ouvrir


L4 (et début de notre voie après le couloir commun avec toutes les voies de la grande aiguille)

Renaud dans la traversée de L5 (où il y a le spit pourri, avec un autre, juste à coté)

Fin de L7, dans la brume

En descendant le coup d'avant, on avait fixé nos rappels : Renaud découvre les joies de la remontée sur corde à la jumar avec un sac...:)

L8, après un début un peu péchu, on remonte une très belle rampe sur friends

On voit le caillou caractéristique en forme de tête de rat où on va arriver au niveau de l'épaule

Renaud, dans la dernière longueur avant l'épaule

La tête de rat, vu depuis l'épaule